Le mot du Président

Je ne peux vraiment pas me résoudre à voir la Gauche politique se transformer en un puzzle sans aucun rapport avec les valeurs républicaines que nous devrions porter solidairement dans l’adversité. Le dernier bastion qui résistait à la fascination nationaliste et extrémiste est tombé. Les élections européennes vont démontrer qu’un courant fascisant traverse l’Europe de l’Ouest à l’Est et du Nord au Sud ce qui est inédit dans l’Histoire récente. Il est quasiment certain qu’avec une forte abstention et un éparpillement des voix à Gauche la mouvance d’extrême-droite sera forte au parlement de Strasbourg.
En Autriche, en Hongrie, en Italie, en Pologne, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, au Danemark ou en Grande-Bretagne le « brun » a des nuances diverses mais a en commun une idéologie rappelant de très mauvais souvenir. Il ne semble pas que les responsables politiques républicains en aient conscience puisqu’ils continuent à pratiquer la technique de l’autruche en espérant simplement sauver les rares meubles qu’il leur reste. Plus de partage du débat qui a durant les trois dernières décennies du XX° siècle a constitué la force de la Gauche et sa richesse.
Désormais bien que habités par les mêmes valeurs les citoyen(ne)s engagés pour le justice sociale, la prépondérance de l’humain sur le profit, la liberté d’être et d’agir, la fraternité entre des gens de religions ou de niveaux sociaux différents, la défense acharnée de l’environnement, la solidarité intergénérationnelle, la priorité à la culture et à l’éducation, le respect profond et durable de la laïcité… vivent les uns à cotés des autres. Ils cheminent vers le précipice avec le sentiment terrible pour chacune et chacun d’entre eux qu’il en réchappera puisque il est le plus malin. Face à ce « suicide » collectif, une solution : rebâtir à la base, au plus près du terrain un lien de confiance, des espaces de dialogue réels dans un premier temps et de reconstruction dans un second temps. Cet espace doit être libre, aussi léger et malléable que possible, adaptable territorialement et être en mouvement constant.
Il y a déjà très longtemps que je défends ces repères car je ne crois plus, vraiment plus, que l’imagination, la confrontation constructive soit possible dans le corset des partis quels qu’ils soient. Ce n’est pas nouveau sauf que généralement ces « mouvements » décloisonnés sont initiés par des personnes avides de conquête nationale. J’avais aimé les clubs « convaincre de Michel Rocard, j’avais initié une structure dénommée Initiative Dialogue Entre-Deux-Mers (IDEM) dans les années 90 et j’ai lancé en 2008 « Gironde citoyenne » avec l’espoir que cette association pourrait traverser les échéances électorales pour maintenir le dialogue entre militant(e)s ou entre élu(e)s.
Le concept du conseil consultatif citoyen est né et a fonctionné durant un peu plus de six ans. Une journée consacrée à un débat sur le notion de « proximité » a permis d’échanger sans aucune contrainte. Le moment est venu de relancer cette initiative après un Grand débat ayant tourné au monologue présidentiel formaté et des interminables manifestations de Gilets jaunes ne débouchant que sur des revendications disparates.
Gironde citoyenne n’est affiliée à aucune structure supérieure. Elle appartiendra à celles et ceux qui voudront bien y participer pour une durée limitée dans le temps.